Étapes pour analyser l’impact de la chaîne de valeur
Pour repérer les zones sensibles de la chaîne de valeur auxquelles porter attention, il faut d’abord savoir qui fait partie de celle-ci. Dressez la liste de vos principaux fournisseurs, partenaires d’affaires et client∙e∙s. Celleux dont les contrats sont les plus importants en matière de dépenses/revenus doivent en faire partie, car les impacts en cas de matérialisation des risques seront plus significatifs. Le recensement doit au moins couvrir les sources de dépenses (hors loyers et salaires) et de revenus les plus considérables.
Ensuite, analysez les résultats en fonction de la localisation, du secteur d’activité et de l’importance stratégique de la relation, au minimum. Y a-t-il certain∙e∙s acteur∙trice∙s qui présentent davantage de risques sociaux et environnementaux pour votre réputation ou votre résilience? En d’autres mots, selon l’analyse de matérialité, quel∙le∙s acteur∙trice∙s présentent des risques matériels pour votre entreprise?
Dans un second temps, vous pouvez progressivement approfondir votre compréhension de la chaîne de valeur. Qui sont les fournisseurs de vos fournisseurs? Les client∙e∙s de vos client∙e∙s? Ce type d’analyse se fait généralement par étapes, au fil du temps, et peut nécessiter d’amorcer un dialogue avec ces parties prenantes. L’objectif est de bien cerner les risques autrement difficiles à percevoir.
Remonter la chaîne d’approvisionnement de vos fournisseurs vous permettra d’évaluer la résilience des fondations sur lesquelles repose votre chaîne de valeur. En ce qui concerne la clientèle (surtout en B2B), il est utile de savoir où vont vos produits et services, à quoi ils servent, s’ils nourrissent des industries ou des acteur∙trice∙s qui pourraient porter atteinte à la réputation de votre entreprise ou amplifier certains risques sociaux ou environnementaux. Par exemple, si vos produits sont utilisés dans l’industrie du charbon et que les risques climatiques sont significatifs pour votre entreprise, cela constitue un risque stratégique important.
La gestion responsable des approvisionnements relève d’une procédure qui peut prendre un certain temps à mettre en place et qui nécessite d’assumer la gestion du changement au sein des équipes concernées. Il est toutefois possible de procéder graduellement en commençant à collecter des données en vue d’une éventuelle reddition de comptes sur la chaîne de valeur.
L’Espace québécois de concertation pour l’approvisionnement responsable (ECPAR) définit deux approches distinctes et complémentaires pour aligner les pratiques d’approvisionnement sur les principes ESG. L’approche « Produit » consiste à estimer l’empreinte environnementale des différents produits et services achetés. Sans faire une analyse de cycle de vie exhaustive pour chacun, ce qui serait très coûteux, il est possible de vérifier si les produits sont certifiés, s’ils sont fabriqués à partir de matériaux écologiques, d’où ils proviennent, etc. En bref, poser sur eux un regard critique en gardant en tête la notion de cycle de vie. Pour les produits qui n’ont aucune valeur ajoutée environnementale ou sociale, il faut vérifier si de meilleures options existent (celles-ci doivent aussi respecter les autres critères d’achat) et, le cas échéant, faire le changement.
Si vous choisissez d’utiliser cette approche, il est de mise d’établir une politique d’approvisionnement responsable comprenant une grille d’aide à la décision pour la sélection de produits et services.
L’approche « Fournisseur » consiste, quant à elle, à évaluer la performance ESG des fournisseurs en tant qu’entreprises et de collaborer avec eux pour les aider à modifier leurs pratiques, le tout dans une perspective gagnant-gagnant. L’évaluation, plus poussée que celle effectuée à l’étape 2, peut reposer sur un sondage réalisé annuellement auprès du fournisseur et comprenant notamment des questions sur son empreinte carbone et sur les mesures qu’il prend pour assurer le bien-être de ses employé∙e∙s et le respect de leurs droits. La collaboration mise en place dans le but d’améliorer les résultats peut inclure, par exemple, des formations ou des incitatifs financiers à la modernisation des installations. Cette approche nécessite de plus grands efforts et requiert une relation plus étroite avec les fournisseurs, mais elle peut avoir un impact important, surtout lorsque le fournisseur offre un produit difficile à trouver ailleurs ou à remplacer.
Pour adopter cette approche, vous devrez vous munir d’une politique d’approvisionnement responsable, d’un code de conduite des fournisseurs et d’un sondage d’évaluation de la performance. Si vous avez les ressources nécessaires, il est aussi préférable de réaliser des audits. Des outils technologiques existent pour assurer la traçabilité des indicateurs ESG à travers la chaîne de valeur, par exemple EcoVadis, une plateforme qui analyse et note les pratiques environnementales, sociales et éthiques des entreprises en s’appuyant sur des données vérifiées et des normes internationales.
Être plus intentionnel∙le dans la sélection de ses client∙e∙s n’implique pas nécessairement de mettre fin à tout contrat avec une organisation ayant fait l’objet de controverse. Il s’agit plutôt d’être transparent∙e relativement aux client∙e∙s que l’on sert. Observez qui sont vos client∙e∙s : quelle proportion d’entre elleux pourrait avoir des impacts négatifs significatifs sur la société et l’environnement? Est-ce une partie importante de votre portefeuille de client∙e∙s? Ces contrats sont-ils stratégiques? S’il y a lieu, engagez un dialogue avec ces client∙e∙s pour comprendre comment iels utilisent votre produit ou service, quelles mesures iels ont mises en place pour minimiser l’impact négatif lié à son utilisation ou sa fin de vie (s’il y a lieu) et effectuer une transition vers un rôle positif, etc. Une fois que le portrait est plus clair, il vous faut peser les risques et les bénéfices de conserver ces contrats et décider si vous chercherez à servir de nouveaux∙elles client∙e∙s mieux aligné∙e∙s avec la vision ESG de votre entreprise.
Pour aider l’équipe de vente à s’adapter à cette orientation, dotez-vous d’une procédure d’évaluation des nouveaux∙elles client∙e∙s et des projets potentiels qui inclut un examen de leurs potentiels impacts négatifs sur l’environnement et sur les droits individuels.
Les entreprises ont un rôle important à jouer à ce point de vue. Elles peuvent le faire de plusieurs façons : tout d’abord, en rejoignant des coalitions à l’échelle du secteur ou de l’industrie pour faire face à des enjeux précis. Effectuez des recherches et discutez avec vos pairs pour savoir si des regroupements s’intéressant à des enjeux importants pour votre entreprise existent déjà et comment vous pouvez vous y impliquer. Si ces regroupements n’ont pas encore été créés, pourquoi ne pas le faire?
Des coalitions plus larges existent aussi, par exemple le Pacte mondial des Nations Unies, une initiative du Secrétaire général des Nations Unies qui appelle les entreprises à améliorer leurs pratiques dans les domaines des droits de la personne, du droit du travail, de l’environnement et de la lutte contre la corruption. Rejoindre des réseaux de ce type peut donner accès à des ressources et offrir des occasions de collaborer avec des pairs sur les sujets concernés.
À l’échelle plus locale, vous pouvez également vous allier à des OSBL ou à des professionnel∙le∙s du milieu universitaire possédant une expertise pertinente afin de créer des projets qui vous permettront d’innover dans vos pratiques. Une fois votre analyse de matérialité terminée, voyez quel∙le∙s acteur∙trice∙s ou réseaux pourraient souhaiter collaborer avec vous sur ces enjeux.
Dotez-vous d’un tableau de bord pour faire l’évaluation et le suivi de la performance de votre chaîne de valeur. Pour faciliter les choses, vous pouvez le bâtir graduellement dès le début de votre démarche. Le but principal de ce tableau de bord devrait être d’offrir une vue d’ensemble de vos avancées, surtout dans les débuts, lorsque vous posséderez peu de données sur la performance de chaque acteur∙trice.
Voici quelques suggestions d’indicateurs annuels qui pourraient en faire partie :
- Proportion des achats en provenance de fournisseurs ayant signé le code de conduite;
- Pourcentage de fournisseurs ayant répondu au questionnaire d’autoévaluation;
- Participation à des événements, coalitions ou projets en partenariat portant sur des thèmes ESG;
- Proportion du chiffre d’affaires relevant de client∙e∙s aligné∙e∙s sur vos objectifs ESG.
Pour aller un peu plus loin, vous pourriez mesurer des indicateurs de performance plus précis tels que :
- la proportion des acteur∙trice∙s de votre chaîne de valeur possédant un code d’éthique;
- le pourcentage d’acteur∙trice∙s dont les organes de gouvernance et/ou la haute direction répondent à des critères d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI);
- les émissions de GES associées à vos fournisseurs et à vos client∙e∙s;
- le pourcentage de vos fournisseurs ayant mis en place des mesures d’adaptation aux changements climatiques.
Qu’est-ce que la chaîne de valeur?
La chaîne de valeur d’une entreprise fait référence à l’entièreté du réseau permettant à une entreprise d’exercer ses activités, incluant ses ressources internes et externes, en amont (fournisseurs) et en aval (client∙e∙s). Selon la Norme canadienne d’information sur la durabilité 1 (NCID 1), « [l]a chaîne de valeur englobe les interactions, les ressources et les relations auxquelles l’entité a recours et sur lesquelles elle s’appuie tout au long du cycle de création de ses produits et services […], y compris celles qui se rattachent au fonctionnement de l’entité […], à ses réseaux d’approvisionnement, de marketing et de distribution […], à son financement, de même qu’à l’environnement géographique, géopolitique et réglementaire dans lequel l’entité évolue ».
Pourquoi s’y intéresser?
L’impact d’une entreprise sur la société et l’environnement, tout comme les risques auxquels elle fait face et les opportunités qui lui sont offertes, dépassent les éléments qui sont sous son contrôle direct. L’analyse de la chaîne de valeur est ainsi utilisée pour obtenir un portrait global de l’organisation, incluant ses activités en amont (toutes les activités et les ressources des fournisseurs et des autres partenaires qui lui permettent d’exercer son activité économique) et en aval (toutes les activités qui découlent de l’utilisation du produit ou du service par les client∙e∙s). Dans la plupart des cas, les impacts en amont et en aval sont beaucoup plus importants que ceux découlant directement de ses opérations.
- S’intéresser à la chaîne de valeur permet de dresser un plus exhaustif des risques et des opportunités de l’entreprise et d’accroître sa résilience par la prévention des enjeux opérationnels ou des risques réputationnels qui peuvent survenir dans la chaîne d’approvisionnement ou dans les relations avec certains clients. En possédant des informations plus complètes, vous pouvez prendre de meilleures décisions.
- Les parties prenantes des entreprises (investisseur∙euse∙s, acheteurs, consommateur∙trice∙s) sont de plus en plus sensibilisées à l’impact global des produits et services qu’iels achètent ou dans lesquels iels investissent. Les entreprises doivent donc comprendre leur chaîne de valeur aux fins de la reddition de comptes.
- Les législateurs s’intéressent également à la chaîne de valeur des entreprises sur leur territoire. Le gouvernement du Canada a notoirement adopté en 2023 la Loi sur la lutte contre le travail forcé et le travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement pour accroître la sensibilisation à ce sujet et la transparence des entreprises sur leurs pratiques en la matière. Elle engage les entreprises qui répondent à certains critères à soumettre au ministère de la Sécurité publique un rapport, qui sera rendu public, sur les mesures qu’elles ont prises pour prévenir et réduire les risques de travail forcé ou de travail des enfants dans leur chaîne d’approvisionnement.
- Comprendre l’impact de la chaîne de valeur complète permet de cibler des initiatives de développement durable qui auront un plus grand impact et d’investir ses ressources où cela sera le plus profitable à long terme, au point de vue de la performance tant financière que sociale et environnementale. L’analyse de la chaîne de valeur est une étape préalable essentielle à la conception d’un modèle d’affaires durable.
Cycle de vie des produits et services
Le cycle de vie des produits et services fait référence à toutes les phases que traverse un produit ou un service, incluant ses composantes et les ressources nécessaires à son existence et à son fonctionnement, de l’acquisition des ressources naturelles brutes jusqu’à la manière d’en disposer à la fin de sa vie utile. L’analyse du cycle de vie est un processus rigoureux de documentation des impacts d’un produit ou service spécifique à chacune des étapes de la chaîne de valeur.
Même si on ne réalise pas une telle analyse, réfléchir au cycle de vie peut aider une entreprise à apercevoir les aspects souvent invisibles de l’impact environnemental et social de son produit ou service et, ainsi, de prendre des décisions plus éclairées. Par exemple, grâce à des modèles d’affaires circulaires, certains produits peuvent traverser plusieurs cycles de vie.
Le tableau suivant présente les principales étapes du cycle de vie, de même que des pistes de réflexion sur ce sujet.
Étape du cycle de vie |
Pour un produit |
Pour un service |
|---|---|---|
Acquisition des ressources | Quelles sont les ressources nécessaires (matières premières, ressources humaines, énergie), y compris pour les composantes achetées qui ont déjà été transformées? D’où proviennent-elles? Il s’agit ici de cartographier la chaîne de fournisseurs, idéalement jusqu’au niveau le plus bas (ressources naturelles). |
Quels produits et ressources (énergie, eau ou autres) l’entreprise achète-t-elle? D’où proviennent ces produits et ressources, et quel est leur impact? Quoiqu’on ait tendance à percevoir l’économie de service comme étant « dématérialisée », elle nécessite l’utilisation d’outils et de sources d’énergie qui ont une empreinte environnementale concrète. |
Production | Quels sont les impacts du processus de transformation appliqué par l’activité de production : matière transformée, émissions de GES, pollution atmosphérique, pollution terrestre ou aquatique, déchets générés, etc.? |
La livraison du service au client∙e a-t-elle un impact : énergie utilisée et émissions de GES associées, déchets produits, outils et véhicules utilisés pour la livraison, etc.? |
Distribution (en amont et en aval de la production) | Quelle est la distance parcourue par les intrants? Quelle est la distance parcourue par les produits lors de la livraison à l’utilisateur∙trice? Quel moyen de transport est utilisé? Quels sont les impacts des campagnes publicitaires et autres activités liées à la vente? |
Quels sont les impacts des déplacements nécessaires pour offrir le service (que ce soient les déplacements effectués par les employé∙e∙s pour se rendre aux client∙e∙s ou ceux des client∙e∙s pour se rendre là où le service est offert)? Quels sont les impacts des campagnes publicitaires et autres activités liées à la vente? |
Utilisation | Quelles ressources l’utilisation du produit nécessite-t-elle (électricité, combustibles fossiles, eau, etc.)? |
L’utilisation du service par le∙la client∙e requiert-iel des ressources (généralement des ressources énergétiques)? |
Fin de vie | Que fait-on du produit à la fin de sa vie utile? Peut-il être recyclé, réparé, revendu? Si oui, les infrastructures et services nécessaires existent-ils? Est-ce que la dégradation du produit dans un site d’enfouissement a des impacts environnementaux? |
S.O. |
Étape du cycle de vie
Acquisition des ressources
Pour un produit
Quelles sont les ressources nécessaires (matières premières, ressources humaines, énergie), y compris pour les composantes achetées qui ont déjà été transformées? D’où proviennent-elles? Il s’agit ici de cartographier la chaîne de fournisseurs, idéalement jusqu’au niveau le plus bas (ressources naturelles).
Pour un service
Quels produits et ressources (énergie, eau ou autres) l’entreprise achète-t-elle? D’où proviennent ces produits et ressources, et quel est leur impact? Quoiqu’on ait tendance à percevoir l’économie de service comme étant « dématérialisée », elle nécessite l’utilisation d’outils et de sources d’énergie qui ont une empreinte environnementale concrète.
Étape du cycle de vie
Production
Pour un produit
Quels sont les impacts du processus de transformation appliqué par l’activité de production : matière transformée, émissions de GES, pollution atmosphérique, pollution terrestre ou aquatique, déchets générés, etc.?
Pour un service
La livraison du service au client∙e a-t-elle un impact : énergie utilisée et émissions de GES associées, déchets produits, outils et véhicules utilisés pour la livraison, etc.?
Étape du cycle de vie
Distribution (en amont et en aval de la production)
Pour un produit
Quelle est la distance parcourue par les intrants? Quelle est la distance parcourue par les produits lors de la livraison à l’utilisateur∙trice? Quel moyen de transport est utilisé? Quels sont les impacts des campagnes publicitaires et autres activités liées à la vente?
Pour un service
Quels sont les impacts des déplacements nécessaires pour offrir le service (que ce soient les déplacements effectués par les employé∙e∙s pour se rendre aux client∙e∙s ou ceux des client∙e∙s pour se rendre là où le service est offert)? Quels sont les impacts des campagnes publicitaires et autres activités liées à la vente?
Étape du cycle de vie
Utilisation
Pour un produit
Quelles ressources l’utilisation du produit nécessite-t-elle (électricité, combustibles fossiles, eau, etc.)?
Pour un service
L’utilisation du service par le∙la client∙e requiert-iel des ressources (généralement des ressources énergétiques)?
Étape du cycle de vie
Fin de vie
Pour un produit
Que fait-on du produit à la fin de sa vie utile? Peut-il être recyclé, réparé, revendu? Si oui, les infrastructures et services nécessaires existent-ils? Est-ce que la dégradation du produit dans un site d’enfouissement a des impacts environnementaux?
Pour un service
S.O.
Selon le produit ou le service en question, certaines étapes auront un impact plus important que d’autres. Ces dernières doivent être considérées en priorité. Parfois, elles font partie du périmètre d’action direct de l’entreprise, mais elles se trouvent parfois en amont ou en aval de la production.
Trois catégories d’acteur∙trice∙s de la chaîne de valeur avec qui collaborer
Fournisseurs
La chaîne d’approvisionnement est la partie de la chaîne de valeur qui tend à être examinée le plus scrupuleusement par les parties prenantes, surtout pour les entreprises qui livrent des produits finis. En raison de la complexité des chaînes d’approvisionnement modernes (le produit passe généralement entre de nombreuses mains, en différents endroits du monde, avant d’être mis en vente), il y a de nombreuses occasions de manquements au respect de l’environnement et des droits de la personne, surtout quand l’on s’approche de la source, à l’étape de l’extraction des ressources naturelles, là où l’entreprise a moins de contrôle. Il est donc logique de s’y attaquer en premier.
Partenaires
Comme c’est le cas pour les client∙e∙s et les fournisseurs, l’association avec certains partenaires d’affaires peut avoir des impacts positifs ou négatifs sur la réputation de l’entreprise. Si un∙e partenaire est impliqué∙e dans une controverse, vous pouvez y être associé∙e vous aussi. Il convient donc de faire preuve de diligence raisonnable. D’autre part, les partenariats peuvent avoir un très important potentiel d’impact positif. Les grands enjeux sociaux et environnementaux de notre ère ne peuvent être résolus par une entreprise seule, car ils sont souvent de nature systémique; en d’autres mots, ils sont symptômes de problèmes touchant les fondements de notre société. Une collaboration multiacteur∙trice∙s est donc nécessaire pour traiter leurs causes profondes. C’est ce qu’on appelle « l’action collective ».
Client∙e∙s
Les entreprises, surtout celles dont les produits et services s’adressent principalement à d’autres organisations (B2B), assument une certaine responsabilité par rapport aux client∙e∙s qu’elles choisissent de servir. Servir des client∙e∙s lié∙e∙s à des industries ou des régions controversées en raison de l’impact social ou environnemental de leurs activités ou de leurs pratiques de gouvernance comporte son lot de risques. En effet, cela leur permet indirectement de mener à bien leurs activités. Les industries controversées incluent communément celles du tabac, des armes, des jeux de hasard et du divertissement pour adultes. D’autres industries comme celles des combustibles fossiles, des prisons, des prêts à conditions abusives, de l’énergie nucléaire et de la distribution d’alcool sont également souvent citées. Par ailleurs, servir des client∙e∙s qui exercent leurs activités dans des pays dirigés par des régimes répressifs ou engagés dans des conflits militaires peut également profiter à des acteur∙trice∙s mal intentionné∙e∙s. Pour cette raison, de nombreuses entreprises choisissent de se retirer de ces marchés, comme on l’a vu au début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Ressources complémentaires
Généralités
- Pour connaître les subventions octroyées pour la mise en œuvre d’initiatives environnementales en entreprise, consultez le répertoire des programmes de subvention liés au climat fédéraux et provinciaux de la BDC.
- Pour en savoir plus sur les bénéfices des démarches ESG pour la productivité des employé∙e∙s, consultez cette fiche du CPEQ.
- Pour en savoir plus sur le niveau de maturité des entreprises au Québec et sur leurs préoccupations quant à la transition écologique, consultez le Baromètre de la transition des entreprises 2023 de Québec Net Positif.
- Pour accéder à des guides plus détaillés sur des sujets comme la structure d’une démarche ESG et la gestion des risques, consultez ce répertoire de We Act 4 Earth.
- Pour effectuer un premier diagnostic de votre performance ESG, le questionnaire B Impact Assessment est un outil gratuit qui permet de faire un état des lieux de la performance organisationnelle dans cinq domaines d’impact : la gouvernance, les collaborateur∙trice∙s, la collectivité, l’environnement et les client∙e∙s.
- Le Manuel de durabilité de CPA Canada est la version autorisée des normes approuvées par le CCNID (NCID 1 et NCID 2).
Analyse de matérialité
- La réglementation CSRD en Europe oblige désormais les entreprises qui y sont soumises à réaliser une analyse de double matérialité. De nombreux cabinets de service-conseil ont produit de la documentation pour aider les entreprises à le faire (voir les sites suivants : ESG ACT, APLANET, Goodwill Management, IPSOS).
- Les principales normes qui requièrent une analyse de matérialité sont celles de l’ISSB, de la GRI et de l’EFRAG (en Europe).
- Certaines ressources ont également produit une liste d’enjeux matériels par industrie. Les plus connues sont celles de la GRI (les travaux sont en cours, mais des normes ont été publiées pour certains secteurs, comme le pétrole et le gaz; le charbon; l’agriculture, l’aquaculture et la pêche) et de SASB (suivant la matérialité financière seulement).
- Pour en savoir plus sur la complémentarité entre les différentes approches envers la matérialité, lisez le livre blanc que la GRI a publié sur le concept de la double matérialité et son application (en anglais seulement).
- Voici quelques exemples d’analyses de matérialité réalisées par des entreprises canadiennes : Métro, EDC, Hydro-Québec (voir p. 7).
Chaîne de valeur
- Le Centre international de référence sur l’analyse du cycle de vie et la transition durable (CIRAIG) est la principale référence au Québec en matière de cycle de vie.
- Pour plus d’informations sur les meilleures pratiques en approvisionnements responsables, voyez les ressources et les activités proposées par l’ECPAR. Leur baromètre de l’achat responsable, publié aux quatre ans, décrit en détail où en sont les entreprises canadiennes sur cette thématique.
- Ce guide produit par Synergie Haute-Yamaska décrit comment réaliser une démarche d’approvisionnements responsables adaptée aux PME.
- Le guide Doing business with respect for human rights (en anglais seulement) réalisé par le Pacte mondial des Nations Unies, Oxfam et Shift vise à sensibiliser les entreprises au respect des droits de la personne dans leur chaîne de valeur et propose une démarche en ce sens.
- L’organisme B Lab, responsable de la certification B Cop, tient à jour une liste d’industries et pratiques controversées et publie des articles qui expliquent en détail en quoi ces dernières sont controversées. La liste peut être utile pour évaluer les risques dans votre chaîne de valeur. (Celle-ci est en anglais seulement, mais les articles par industrie sont disponibles en français.)

